  Le projet de riposte graduée à la française n'aura finalement pas
recueilli l'assentiment des députés européens. Dans le cadre de
l'examen, mercredi, du rapport Bono sur les industries culturelles en
Europe, ils ont adopté, à une courte majorité, un amendement invitant
les états membres « à éviter l'adoption de mesures allant à
l'encontre des droits de l'Homme, des droits civiques et des principes
de proportionnalité, d'efficacité et d'effet dissuasif, telles que
l'interruption de l'accès à Internet ».
Voté par 314 voix contre 297, cet amendement déposé par les députés
Christofer Fjellner et Michel Rocard bénéficiait du soutien de Guy
Bono, l'auteur de ce rapport dans lequel on peut lire que « les
mesures répressives sont des mesures dictées par des industries qui
n'ont pas été capables de changer leurs modèles économiques face aux
nécessités imposées par la société de l'information ».
« La coupure d'un accès internet est une mesure
disproportionnée au regard des objectifs. C'est une sanction aux effets
puissants, qui pourrait avoir des répercussions graves dans une société
où l'accès à l'internet est un droit impératif pour l'inclusion sociale », aurait ajouté Guy Bono mercredi en séance selon le collectif La quadrature du Net.
Dans sa première version, soumise au vote des députés européens fin
janvier, le rapport Bono prévoyait pourtant différentes mesures allant
du filtrage des contenus sur Internet à l'extension du droit d'auteur,
ce qui avait valu à la Commission européenne une attaque en règle de la
part de l'EFF (Electronic Frontier Foundation),
qui accusait l'industrie de la musique d'un lobbying sans précédent. La
plupart d'entre elles avait toutefois été abandonnée ou rejetée au
moment du vote final de mercredi.
A quelques semaines de l'examen de la loi issue de la mission
Olivennes, le vote de cette résolution - qui n'a pas force de loi - est
perçu comme un message directement adressé à la France. « Ce
vote démontre que le dispositif de riposte graduée que Nicolas Sarkozy
souhaite voir adopter en France rapidement, pour qu'il soit étendu au
niveau européen pendant la présidence française de l'UE, est considéré
comme contraire aux droits fondamentaux par une majorité de députés
européens », souligne La quadrature du Net.
Source : degroupnews.com
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