 L'Association des services internet communautaires (Asic), qui regroupe
un certain nombre d'acteurs liés au Web français (dont AOL,
Dailymotion, Google, PriceMinister, Yahoo! ou Microsoft) a fait
parvenir une lettre au gouvernement concernant le récent projet de loi
qui pourrait mettre en place un système de riposte gradué visant les
internautes liés à des actes de piratage sur la toile. Une riposte
graduée qui peut aller jusqu'à la suspension de l'abonnement Internet
et l'interdiction de renouveler ce même abonnement pendant un an.
La lettre de l'Asic relayée par le site PCinpact et AFP précise que « Bannir,
même temporairement, des internautes de la société de l'information, ce
n'est pas seulement les empêcher de télécharger des contenus illicites,
c'est aussi et surtout leur interdire toute utilisation d'un vecteur de
communication et d'expression devenu indispensable ». L'Asic affiche donc clairement son rejet quant à ce système de riposte graduée.
En ce qui concerne la mise en place prochaine d'une « Haute autorité
pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur
l'internet (Hadopi) », l'Asic estime qu'elle ne devrait pas être en
mesure de pouvoir priver certains internautes de leurs libertés
(notamment celle d'accéder aux ressources informatives de la toile).
Rappelons que l'Hadopi, telle qu'elle est décrite dans le projet, doit
être en mesure d'envoyer des messages d'avertissement et de suspendre
ensuite, en cas de récidives, l'abonnement de l'internaute chez son
FAI. La sanction pourra également aller jusqu'au bannissement de
l'internaute incriminé chez l'ensemble des FAI pendant une durée d'un
an. Pour l'Asic, cette mesure au centre du projet de loi est qualifiée
de « démesurée » et elle devrait être à la charge d'un juge et non
directement à celle de l'Hadopi. Rappelons au passage que le système de
riposte graduée avait déjà fait l'état de condamnation au Parlement
européen (voir Le Parlement européen rejette la riposte graduée).
Christine Albanel (ministre de la Culture et de la Communication -
photo ci-dessus), initiatrice et défenseur du projet de loi en
question, avait toutefois répliqué à ce sujet (voir Piratage : Albanel répond au Parlement européen).
Face à ce flot de contestations, le gouvernement se doit visiblement de
réagir. Des changements au niveau du projet de loi sont donc attendus,
reste à voir s'ils seront suffisants pour faire « passer la pilule ».
Source : degroupnews.com
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